La course aux minilanceurs européens s’accélère

Un vol historique. La société allemande Isar Aero­space a fait décoller début septembre sa fusée depuis le port spatial d’Andøya, dans le nord de la Norvège. Spectrum a pour mission de mettre des satellites en orbite. Il s’agit de la première réussite d’un minilanceur européen, c’est-à-dire une fusée capable d’emporter…La fusée de 28 mètres de haut a ainsi placé en orbite basse une charge utile composée de cinq petits satellites CubeSats et d’une expérience scientifique. Pour en savoir plus, consultez

Spectrum est une fusée à deux étages mesurant 28 mètres de haut, ce qui correspond approximativement à un immeuble de dix étages. Elle utilise une propulsion à base de propane liquide et d’oxygène liquide. Le premier étage est équipé de neuf moteurs Aquila tandis que le second étage n’en comporte qu’un seul, doté d’un système de réallumage multiple. Capable d’emporter jusqu’à une tonne en orbite basse, Spectrum a largué avec succès cinq petits satellites CubeSats de la taille d’une boîte à chaussures ainsi qu’une expérience fixe.

Un pas stratégique vers l’indépendance spatiale européenne

Un jalon industriel et politique majeur

En atteignant l’orbite, Isar Aerospace valide également la première étape clé du Défi des lanceurs européens, initié par l’ESA, qui exige un vol orbital réussi d’ici 2027. Géraldine Naja, directrice du transport spatial à l’Agence spatiale européenne, s’est réjouie de ce succès. « Tous les lancements sont spéciaux, mais ce qu’Isar Aerospace a accompli aujourd’hui est historique : c’est la première entreprise européenne à atteindre l’orbite avec son propre véhicule de lancement ». Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, a, quant à lui, salué le chemin parcouru. « Spectrum s’est littéralement montré à la hauteur du défi et a livré ses charges utiles en orbite terrestre basse. C’est une réussite stupéfiante pour l’entreprise allemande Isar Aerospace, fondée il y a seulement huit ans et soutenue par l’Agence spatiale européenne. » Pour la jeune entreprise allemande, ce succès ouvre de nouvelles perspectives commerciales. « Nous avons accompli en quelques années ce qui avait pris des décennies à l’industrie spatiale européenne auparavant », s’est félicité Daniel Metzler, président-directeur général et cofondateur d’Isar Aerospace. « L’Europe dispose désormais d’un accès souverain à l’espace. » L’entreprise prévoit d’industrialiser sa production pour répondre à la demande et assembler à terme jusqu’à 40 fusées par an dans sa nouvelle usine près de Munich. Un prochain vol avec 19 charges utiles issues d’universités et de sociétés aérospatiales européennes est prévu d’ici la fin de l’année ou début 2027. Huit autres vols sont également en préparation, mais ce succès pourrait permettre à Isar Aerospace de signer d’autres contrats dans les prochains temps.

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