Drone sous-marin australien Ghost Shark

Doté de munitions rôdeuses Altius 600 et de mines navales

Même si elle a obtenu la garantie qu’elle recevra trois sous-marins nucléaire d’attaque [SNA] de type Virginia prélevés dans la dotation de l’US Navy au cours de la prochaine décennie, la marine royale australienne [RAN – Royal Australian Navy] devra maintenir en service ses six sous-marins appartenant à la classe Collins pendant bien plus longtemps que prévu. D’où le programme LOTE [Life Of Type Extension] qui, doté d’une enveloppe de 3 milliards d’euros, vise à prolonger leur durée de vie opérationnelle… alors que certains d’entre eux ont des problèmes de corrosion.

Pour les ménager, la RAN pourra compter sur le drone sous-marin autonome de grande taille [XL-AUV] «Ghost Shark», dont un nombre non précisé d’exemplaires a été commandé par le ministère australien de la Défense auprès de l’américain Anduril pour 960 millions d’euros en septembre 2025.

Ayant fait l’objet d’un contrat de développement notifié trois ans plus tôt au titre du pilier II du pacte AUKUS, le Ghost Shark est «conçu pour mener des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de frappe, de manière furtive et à longue portée», avait-il fait valoir à l’époque, sans livrer plus de précisions sur les capacités offensives de cet engin.

Pour la RAN, avec son endurance de plusieurs milliers de nautiques [soit au moins 3 700 km, selon Anduril], le Ghost Shark allait lui fournir une «capacité sous-marine peu coûteuse, furtive, à longue portée et fiable pour mener des opérations permanentes et disruptives de renseignement et d’attaque». Mais elle n’avait pas non plus précisé l’armement envisagé, ni la nature de ses capteurs.

Il aura fallu attendre un an pour en savoir un [petit] peu plus. En effet, d’après des photographies diffusées par le ministère australien de la Défense, il apparaît que le Ghost Shark aura la capacité de déployer un essaim de munitions rôdeuses Altius 600, également produites par Anduril. Pouvant voler à une vitesse de croisière comprise entre 60 et 100 nœuds pendant plus de 4 heures, elles emportent une charge militaire d’environ 4 kg.

Mais selon la presse australienne, le Ghost Shark sera aussi en mesure de mouiller une douzaine de mines et de transporter du matériel au profit des forces spéciales. A priori, contrairement à l’Excalibur, le drone sous-marin que la Royal Navy est en train d’évaluer, il n’emporte pas de torpilles.

«Le Ghost Shark a désormais des dents et sera capable d’infliger des dégâts à tout adversaire potentiel », a fait valoir Pat Conroy, le ministre australien délégué aux Industries de défense.

La conception modulaire du Ghost Shark lui permet d’emporter diverses charges utiles en fonction de la mission qui lui est assignée. Cette technologie, a fait valoir le ministère de la Défense, «répond directement aux exigences de la Royal Australian Navy et contribuera à l’amélioration des capacités de guerre sous-marine, des opérations sur les fonds marins, du déni d’accès à la mer et de la protection des infrastructures sous-marines critiques».

Les capacités du Ghost Shark ne tarderont pas à être mises à l’épreuve puisque ce dernier doit participer à l’exercice Maritime Big Play Pacific, qui se tient actuellement à San Diego, en Californie.

Photo : POIS Daniel Goodman – Ministère australien de la Défense