Le groupe des 5 est formé pour rechercher de nouveaux effecteurs

La France, la Pologne, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni vont unir leurs forces pour développer et acquérir de nouveaux effecteurs anti-aériens à bas coût, ont annoncé les cinq pays depuis Cracovie. 

Des systèmes low-cost disponibles rapidement, c’est avec ce double objectif que les pays du groupe E5, qui réunit les plus grandes puissances militaires du Vieux continent, ont lancé aujourd’hui depuis la Pologne l’initiative « Low-Cost Effectors & Autonomous Platforms », ou LEAP. Fruit d’une proposition britannique, l’initiative LEAP annonce le développement conjoint d’effecteurs et de plateformes autonomes « modernes, évolutifs et abordables », a indiqué le ministère de la Défense nationale polonais, Władysław Kosiniak-Kamysz.

À l’image de ce qui se fait déjà pour les frappes dans la profondeur (ELSA), LEAP semble recouvrir un éventail d’actions dans différents segments. Selon le ministre polonais, il s’agirait essentiellement de plancher sur « des capacités de frappe par drone, une production commune à faible coût et des achats conjoints de drones effecteurs – des missiles utilisant l’intelligence artificielle ». 

L’effort initial portera sur un effecteur sol-air « léger, bon marché » conçu pour contrer tant les drones que les missiles. Plutôt que d’investir dans des cycles chronophages, LEAP privilégiera la vitesse et la souplesse en cherchant à s’inspirer de l’expérience remontée de la ligne de front russo-ukrainienne. 

« Les technologies et les techniques de combat évoluent de manière dynamique – nous devons réagir rapidement et de façon appropriée », rappelait en effet Władysław Kosiniak-Kamysz. Le premier projet devrait ainsi se matérialiser d’ici à 2027, « offrant une opportunité sans précédent de mobiliser les capacités de financement, de leadership, d’intelligence artificielle et d’autonomie de la défense européenne », a pour sa part estimé le ministère de la Défense britannique. 

« La sécurité européenne se trouve à un tournant décisif. Le Royaume-Uni et ses partenaires du groupe E5 intensifient leurs efforts et investissent ensemble dans la prochaine génération de systèmes de défense aérienne et de systèmes autonomes afin de renforcer le bouclier de l’OTAN et d’assurer la sécurité de nos populations », notait le ministre britannique en charge de l’industrie de défense, Luke Pollard. 

L’annonce intervient sur fond d’inquiétude croissante face à la multiplication des incursions dans plusieurs espaces aériens nationaux, des survols de drones constatés en Pologne, au Danemark et en Belgique aux interceptions d’appareil russe en territoire estonien. Autant d’événements qui ne font qu’augmenter le besoin pour des alternatives mieux dimensionnées et moins coûteuses que l’envoi en urgence d’avions de chasse. 

« Notre mission, c’est d’être capable, collectivement, d’avoir plus de capacité à nous défendre. Les États-Unis, qui sont nos alliés, nous ont invité à prendre en main notre défense. (…) Tout cela nous invite à poursuivre les augmentations des budgets de défense de chacun de nos pays », expliquait, côté français, une ministre des Armées dont la trajectoire budgétaire peine néanmoins à suivre celle des autres pays du groupe E5. 

« Nous devons également veiller à ce que cette argent se traduise, bien sûr, en équipements militaires rapidement. J’insiste, très rapidement, ce qui implique évidemment la capacité de nos industries à fournir, à répondre aux commandes qui sont très importantes au moment où le monde se réarme », poursuivait Catherine Vautrin. Le prochain sommet au format E5 se tiendra avant l’été en France, en amont du sommet de l’OTAN prévu en juillet à Ankara (Turquie). 

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